Histoire de la Danse Classique

Chapitre 1 : Les débuts de la Danse Classique

La Danse Classique, anciennement appelée “la Belle Danse” arrive en France sous le règne du Roi Louis XIV grâce aux maîtres à danser revenant d’Italie tels que Antoine, François et Claude Ballon, Louis Pécour, Antoine Bandieri de Laval, Jean Dauberval. En 1661, le souverain crée l’Académie Royale de Danse et professionnalise ainsi le secteur de la création et de la Transmission Chorégraphique !

Le monarque, devenu très bon danseur va imposer la pratique quotidienne de la Belle Danse à ses armées et aux hommes de la cour. Cette discipline rigoureuse, physique et virtuose ne s’adresse aucunement aux femmes de la cour qui ne peuvent danser en solo et doivent se “cantonner” aux danses de couple. Sur l’image de gauche, on peut observer les hommes jouant au billard. Leur corps est fort empreint de la pratique dansée : l’allure est fière, dos allongé et port de tête parfaitement à l’horizontal quelque soit leur posture. Les bas de jambes sont placés en en dehors même au quotidien et l’on peut déjà reconnaître certaines des positions qui sont arrivées jusqu’à nous en 2020: arabesque fondue, quatrième, coupé au jarret.

Au départ, les éléments qui définissent le style classique sont notamment : le pas élégant et régulier dans le temps, des mouvements de bras légers et grâcieux destinés à l’ornement d’un travail de jambe précis, propre et ciselé mais toujours de petite hauteur. Les mouvements de grande amplitude sont encore exclus de la Belle Danse car associés dans leur représentation aux “hautes danses” – certes généreuses et enjouées – mais réservées aux fêtes populaires paysannes. La mesure, notion clé du classicisme, est souveraine. La symétrie et le plan frontal sont les ingrédients phares de l’harmonie recherchée. Les simples rondes et les espaces multidirectionnels sont là encore laissés aux joies expensives des fêtes campagnardes. 

Les pas sont progressivement répertoriés, définis et notés grâce à la notation Feuillet. Ici encore, on observe la rigoureuse symétrie des trajets et des figures tout au long de cette danse désormais appelée “Danse Baroque”.

Pendant un siècle, le ballet de cour offre l’image d’une cour de France puissante, capable d’offrir des spectacles dont les ambassadeurs et les hôtes de marque ne manquent pas de relater la somptuosité à travers toute l’Europe. La Danse est alors plus que jamais politique !