Histoire de la Danse Classique /2

Chapitre 2 : Les femmes entrent en scène de la tête aux pieds

Les danseuses apparaissent sur scène en 1681 soit 20 ans après la création de l’Académie Royale de Danse. A l’image de Marie Thérèse de Subligny si dessous en 1700, elles portent de lourdes perruques poudrées et garnies. Leurs tenues sont encore épaisses et corsetées, leurs souliers à petit talon disparaissent encore sous leurs robes. Les danseurs n’avaient en effet pas de tenue dédiée au ballet et portaient des vêtement de cour.

Au XVIIIe siècle naît le Ballet d’Action ou Ballet Pantomine avec pour exemple de danseuse célèbre à l’époque ci dessous Marie Sallé qui danse tête nue avec cheveux juste attachés et ornés de quelques fleurs. Après la révolution française, les talons furent totalement retirés des chaussures de ballet. Les danseurs et danseuses pouvaient ainsi réaliser sauts, pirouettes et pointés. Les chaussons de pointes n’existent pas encore et c’est alors grâce à “la machine volante” que les danseurs s’élèvent dans les airs grâce à des câbles donnant cette sensation de légèreté et d’aérien fort appréciée par le public.

Début XIX, c’est le Ballet Romantique qui triomphe avec des oeuvres comme La Sylphide (1832) chorégraphié par Philippe Taglioni pour sa fille Marie-Thérèse ou encore Giselle de Jules Perrot et Jean Coralli. Les danseuses comme Madeleine Guimard – ci dessous – sont libres d’arranger leurs cheveux comme elles le veulent avec par exemple seulement un bandeau plat. 

En 1830, le chignon se cristallise avec La Sylphide interprétée par Marie Taglioni (ci-dessous). Le tutu de gaze blanche, les chaussons de satin rose pâle et le chignon parfois agrémenté de fleurs constituent l’uniforme des ballerines. En 1880, le Ballet de l’Opéra fait désormais respecter cet uniforme. C’est aussi à Marie Taglioni que l’on attribue le premier ballet dansé entièrement sur pointes même si, elles n’avaient pas encore la structure et la solidité des pointes modernes permettant aux danseuses de monter de façon répétées dans un même spectacle. 

Ce siècle donne naissance aux merveilleux “actes blancs” avec les “tutus romantiques” recouvrant la cheville, plus simplement appelés de nos jours “tutus longs”. Le nom “tutu” provient du mot “tulle” et a inspiré et précédé la robe de mariée dite “princesse”. 

Puis les tutus se raccourcissent au fur et à mesure de façon à rendre lisible un travail de jambe de plus en plus technique. En 1890, les ballerines adoptent le “tutu classique” qui arrive au genou. Ceux sont les tenues que l’on connait à travers les peintures de Degas. Avec sa sculpture “La petite danseuse de 14 ans”, l’artiste met en lumière l’obligation des danseuses de se prostituer pour survivre. Le Foyer de l’Opéra se transforme effectivement avant chaque représentation en un véritable “marché aux petits rats” où les barons et les aristocrates viennent choisir la danseuse dont ils pourront abuser à l’issue de la représentation. 

Au XXe siècle – et sans transition ! -, côté costume, c’est le tutu dit “à l’italienne” qui fait son entrée sur scène. Il est aussi appelé plus simplement “tutu plat”. Anna Pavlova crée à cette époque la pointe de danse moderne. Retrouvez la ci-dessous dans une vidéo d’archive pour son interprétation du Lac des cygnes chorégraphié par Marius Petipa.