Histoire de la Danse Classique/3

Petite Histoire de la Danse Classique : Evolution du travail de Bras du XVIIe au XXIe siècle.

Au XVIIe et début XVIIIe, les Bras sont dit ” ornements de la Belle Danse”. Leurs mouvements décrivent des ronds de coudes et de poignets et doivent dors et déjà être réalisés sans force, de manière douce et raffinée. La hauteur des mains ne dépassent que rarement les épaules pour donner l’impression visuelle que l’homme qui danse “surplombe la Terre” voir dans le cas du monarque “domine et éclaire le Monde” tel un astre étincelant !

Le XVIIIe siècle est celui du Ballet Pantomime, les Bras servent désormais la narration et sont dits “d’expression”. Le Maître de Ballet Carlo Blasis écrit dans son Traité : “Les bras sont les parties parmi les plus difficiles de la Danse, et demandent un grand travail et un soin extrême”. Dans certaines scènes, les danseurs remplacent la Danse par une expression corporelle destinée à faire progresser l’intrigue. A noter que la Danse ne se libérera totalement de toute “contrainte narrative” qu’au XXe s avec la Danse Contemporaine.

Jusqu’au XIX se développe l’esthétique du ballet classique qui arrivera jusqu’à nos jours avec des bras” aux contours moelleux, aux poignets et coudes soutenus et aux doigts gracieusement réunis et groupés”.

Aujourd’hui encore, par leur grande mobilité, les bras offrent de multiples possibilités où se rejoignent dimension fonctionnelle (impulsion et suspension d’un mouvement, nuancier dans la vitesse, protection dans les chutes, etc) et expressive ou symbolique. Le travail des bras contribue ainsi fortement à la signature du style chorégraphique.

Pour terminer ce petit chapitre, je vous laisse admirer la grâce et la légèreté des bras dans cette variation de la fée dragée. Ici vous pouvez observer une magnifique coordination entre le travail des jambes en petite batterie et le travail des bras toute en fluidité. Cette technique de coordination très poussée est possible lorsque le centre abdominal et bien maintenu et que le centre des émotions (plexus) est bien libre. La respiration thoracique est donc une clé pour laisser s’exprimer nos émotions à travers des variations aussi complexes. Il faut également penser que nos bras s’attachent dans notre dos tels des ailes !